
Il y a des gestes qui traversent les siècles sans rien perdre de leur poésie. Associer un calame en bambou taillé à la main à une encre traditionnelle de brou de noix, c’est faire un saut dans le temps et renouer avec la matière brute, vivante et authentique.
Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte de cet ensemble d’écriture unique, créé avec patience dans mon atelier.
Un brin d’histoire, le calame, l’ancêtre de tous nos stylos
Bien avant la plume d’oie, ou le stylo-plume, le calame était l’outil maître des scribes. Utilisé dès l’Antiquité en Mésopotamie sur des tablettes d’argile, puis en Egypte sur le papyrus, il a donné naissance aux premières écritures manuscrites. Le bambou, par sa robustesse et sa fibre naturelle souple, offre une tenue en main parfaite et une taille durable.
Le brou de noix, la chaleur du temps
L’encre de brou de noix est l’une des plus anciennes encres végétales de tradition européenne. Obtenue à partir de la bogue verte qui entoure la noix, elle offre cette nuance brun foncé chaleureuse si caractéristique. Très appréciée des dessinateurs et calligraphes de la Renaissance (comme Rembrandt ou Léonard de Vinci) pour ses lavis profonds, elle traverse les âges sans perdre son charme rustique.
Un ensemble 100% fait main : chaque pièce est unique
Dans un monde où tout est fabriqué en usine, cet ensemble célèbre la beauté du fait main.
Des calames uniques : chaque tige de bambou est sélectionnée, séchée, puis taillée à la main à l’atelier. La courbure, le grain de bois, la largeur de la pointe et la petite fente qui retient l’encre varient d’un modèle à l’autre.
Une encre vivante : le brou de noix est extrait et préparé de manière artisanale. Sa couleur varie délicatement selon le papier utilisé et la quantité déposée, allant d’un joli doré chaleureux à un brun noisette profond.
Posséder un de ces ensembles, c’est adopter un outil qu’aucun autre artiste ou écrivain n’aura à l’identique.
Comment utiliser son calame et son encre au quotidien?


Travailler au calame demande de prendre son temps et d’écouter le doux crissement du bambou sur le papier.
- Le trempage : plongez simplement la pointe du calame dans le flacon de brou de noix. La petite fente taillée dans le bambou sert de réserve pour retenir l’encre.
- L’angle d’écriture : tenez le calame légèrement incliné (environ 45° par rapport au papier). Contrairement à une plume de métal, la pointe du bambou permet de tracer des traits plus ou moins épais selon l’angle que vous utilisez.
- Les papiers idéaux : cet ensemble s’associe à merveille avec les papiers artisanaux, les papiers coton ou les papiers aquarelle.
Pour quelles créations?
- La calligraphie douce et créative
- le croquis rapide, le dessin de plantes et les ombrages à l’eau
- la rédaction de carnets de voyage, de grimoires ou de lettres poétiques
Prendre soin de son matériel
Le calame : Après chaque utilisation, essuyez délicatement la pointe avec un chiffon doux ou un essuie-tout humide. Ne le laissez pas tremper dans l’eau. Si la pointe s’émousse avec le temps, vous pourrez facilement la retailler à l’aide d’un petit cutter bien affûté ou un couteau type opinel.
L’encre : gardez votre flacon à l’abri de la lumière directe et de la chaleur. Vous pouvez le secouer doucement avant de l’utiliser.
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